La tomme d’Arles fondue en gratin a surpris toute ma tablée

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La tomme d’Arles grésillait déjà sous une fine couche de pommes de terre précuites dans ma cuisine d’Arles, en Provence, entre la Camargue et les Alpilles, quand j’ai ouvert le four, un samedi de mars. Je suis partie sur quatre gratins presque identiques, avec 120 g de fromage, pour voir comment il gratine et fond dans un plat familial. Avec mes deux enfants qui passaient derrière moi, j’étais sûre de moi au départ, puis j’ai été convaincue du contraire à la sortie du premier plat. J’ai noté la couleur, l’odeur et la tenue à la cuillère, parce que je voulais comparer la même base sans me laisser distraire par le reste.

Le jour où j’ai posé mes quatre plats dans le four pour la première fois

En tant que rédactrice culinaire, j’ai pesé 650 g de pommes de terre déjà cuites, 480 g de courge rôtie et 2 poireaux tombés à la poêle. J’ai réparti 120 g de tomme d’Arles râpée en couche fine, presque 2 millimètres, sur le dessus. J’ai gardé la garniture simple, sans crème, pour lire la réaction du fromage seul sur des légumes précuits. La couche restait légère à vue, et je voyais déjà les bords des légumes prendre le gras sans disparaître dessous.

J’ai utilisé un plat en terre cuite sur la grille du milieu, avec une plaque vide dessous pour éviter les gouttes. J’ai lancé quatre essais nets: 160 °C pendant 30 minutes, 180 °C pendant 25 minutes, 200 °C pendant 20 minutes et 220 °C pendant 15 minutes. J’ai gardé une cuillère en bois et une spatule fine près du four, parce que je voulais comparer la tenue à la coupe. J’ai aussi noté l’heure de sortie sur un carnet à côté du torchon rayé, pour ne pas mélanger les plats.

J’avais prévu trois temps de repos, 0 minute, 5 minutes et 10 minutes, parce que mes deux enfants avaient déjà faim avant le deuxième contrôle. Je suis rentrée du marché avec le dîner en retard, et j’ai choisi ce protocole pour voir ce qui tenait quand le repas devait sortir vite. Je me suis retrouvée à chronométrer l’attente entre la dernière bulle et la première assiette, pas juste la cuisson. J’ai gardé les mêmes portions dans chaque plat, car un écart d’épaisseur change tout quand le fromage fond vite.

J’ai salé avec retenue, parce que la tomme d’Arles apporte déjà du relief dès qu’elle chauffe. Mon travail de rédactrice culinaire m’a appris que ce genre de test se lit mal si l’assaisonnement masque la matière première. J’ai donc gardé la même main pour les quatre plats, avec la même quantité de sel et le même geste de râpe. J’étais sûre de moi sur le protocole, mais je savais qu’un léger excès d’eau dans la garniture se verrait tout de suite.

Quand la tomme d’arles a commencé à jouer des tours : mes premières surprises et erreurs

Dès 10 minutes, j’ai été frappée par la vitesse du 220 °C. De petites bulles grasses sont apparues au bord du plat avant que la surface ne dore, et des reflets brillants ont traversé le fromage. L’odeur de beurre chaud et de noisette montait déjà, fine et nette, sans parfum lourd. À ce stade, le dessus paraissait prêt, alors que le centre manquait encore de liant.

Sur un plat, j’ai chargé la tomme un peu trop épais, et l’erreur s’est vue tout de suite. J’ai eu des poches de graisse, un suintement autour des bords du plat et un dessus luisant qui ne gardait pas sa ligne. La part du centre tenait moins bien, parce que le gras sortait avant que la croûte ne se fixe. J’ai compris que quelques millimètres suffisent, sinon le fromage part en surface au lieu de lier la garniture.

J’ai aussi testé des courgettes mal égouttées dans un plat parallèle, et là le fond de plat est devenu aqueux. Les bords bouillonnaient légèrement, le fond clapote, et la tomme d’Arles se mêlait à l’eau au lieu de lier les légumes. À la deuxième bouchée, j’avais aussi trop salé l’un des plats, et le goût me paraissait déjà trop présent. Je me suis retrouvée avec une base molle, et la cuillère ramassait plus de jus que de gratin.

Le 160 °C m’a aussi laissée hésitante, parce que la surface tardait à prendre. J’ai vu une couleur trop lente, puis un dessus à peine blond sans vraie fonte régulière au milieu. Le 200 °C a fait mieux, mais il poussait déjà vers le brun sur un plat peu profond. J’ai préféré descendre la plaque d’un cran pour le dernier essai, afin de calmer la coloration.

La magie de la première coupe : ce que j’ai mesuré et ressenti en conditions réelles

La cuillère traverse une croûte juste dorée puis tombe sur un cœur fondant inattendu, et j’ai vu mes enfants se taire d’un coup. La croûte blonde a craqué sous la cuillère avec un léger bruit sec, puis le cœur a cédé en une masse crémeuse. Je n’ai pas trouvé de longs fils; le fromage fondait plus qu’il ne filait. Le filet restait court, presque souple, et il s’est mêlé aux pommes de terre sans les noyer.

À 0 minute, la première part s’est affaissée dès la coupe. À 5 minutes, j’ai obtenu une tranche plus nette, avec des bords qui restaient en place sur l’assiette. À 10 minutes, la tenue était la meilleure, et le dessus gardait son croustillant sans refroidir au point de casser le plaisir. J’ai vraiment vu la différence au moment du service, quand la spatule n’écrasait plus la garniture.

À 160 °C pendant 30 minutes, la couleur restait timide et le centre manquait de liant. À 220 °C pendant 15 minutes, le dessus brunissait trop vite, et je voyais encore le milieu freiner. À 200 °C pendant 20 minutes, j’ai obtenu une fonte correcte, mais la croûte poussait déjà vers le brun. J’ai fini par placer le plat un cran plus bas, et l’air chaud a mieux enveloppé la surface.

Mon meilleur compromis est resté le 180 °C pendant 25 minutes, avec 5 minutes de repos. J’ai vu une couleur nette, une fonte régulière et un filet court, pas très élastique. C’est là que la tomme d’Arles a lié les légumes sans former une couche séparée. À table, mes enfants ont repris une deuxième cuillère sans demander ce qu’il y avait dedans, et j’y ai lu le bon signe.

Ce que j’ai retenu pour refaire un gratin à la tomme d’arles qui fait l’unanimité

Mon travail de rédactrice culinaire m’a appris que la tomme d’Arles pardonne peu les bases humides. Je garde désormais 180 °C comme point de départ, puis je monte à 200 °C seulement si la surface manque de couleur. Je racle aussi le plus d’eau possible des légumes, et je laisse le fromage en couche fine, quelques millimètres. Je laisse le plat reposer 5 minutes avant de servir, parce que la coupe se tient mieux.

Avec mes deux enfants, j’ai vu que le service compte presque autant que la cuisson. Quand je coupe tout de suite, la part s’étale et le fromage glisse vers le fond du plat. Quand je laisse 5 minutes, les bords tiennent mieux, et la première assiette arrive encore fumante. Pour toute adaptation alimentaire précise, je passe la main à une diététicienne, car je parle ici seulement de cuisson.

J’ai aussi gardé trois pistes en réserve, parce que je me suis retrouvée à vouloir voir ce qui valait encore la peine d’être tenté. J’ai noté celles qui méritaient un prochain repas, puis celles que j’ai écartées pour garder la ligne du plat.

  • Mélanger la tomme d’Arles avec un fromage plus filant, mais j’ai écarté cette idée, car le filet devenait trop long.
  • Garder seulement des poireaux et des pommes de terre, et j’ai validé cette piste, parce que la base reste sèche.
  • Terminer 2 minutes sous le grill, et je le garde pour un four plus doux que le mien.

Je n’ai pas validé le mélange avec un fromage plus filant pour ce test, parce que la tomme d’Arles me plaît justement pour sa liaison souple. Je garde le grill en fin de cuisson seulement quand le four manque de nerf, sinon la croûte prend trop vite. À Arles, c’est la version à 180 °C pendant 25 minutes, puis 5 minutes de repos, que je refais sans hésiter. La tomme d’Arles fond en une couche souple qui lie le plat sans former une couche séparée, et c’est ce résultat-là que je retiens.

Avatar de Élodie Batteux
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